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Berit Myrebøe (N)

Super-position de medias divers 

DIEresidenz présente « Super position », les œuvres sur papier de son artiste en résidence, Berit Myrebøe. L’artiste norvégienne résidant à Berlin, a travaillée pendant un mois sur une nouvelle série sur papier – un alliage de photographies superposées, dessinées et peintes sur différents types de papiers...

vue d'exposition „Super position“

Berit Myrebøe crée des paysages imaginaires sur aluminium ou – comme pour DIEresidenz – sur papier en faisant des superpositions. La technique fait penser à la photographie avant-garde des années 1920 et 1930 – où la surimpression photographique était d’abord le résultat d’un accident, consistant à impressionner plusieurs fois le même papier photographique ou à combiner plusieurs négatifs dans le procédé du développement.  

Mais Berit ne fait pas que de la photographie, elle lutte plutôt contre la photographie en la changeant couche par couche. Ses œuvres ne font donc que commencer avec une photographie – de paysage ou de corps humain. Dans sa sélection de « photo-esquisses » (Berit), l’artiste  privilégie les clichés qui capturent un mouvement, un moment de transition, qui sont un peu flous et ont déjà un aspect pictural. La transition est un mot clef dans sa manière de travailler, car le motif ne reste jamais le même. 

Berit transfère ses photo-esquisses sur une plaque d’aluminium avec de l’autographie, une technique d’estampe, utilisée notamment en lithographie pour inverser la symétrie d’une image. Une fois sur métal, Berit efface le contexte de son motif principal avec des solvants divers et ajoute des couches ou éléments à la peinture à l‘huile. Cette intervention est de nouveau prise en photo, qui peut être retravaillée de la même façon à travers plusieurs cycles.  

À Die, Berit ne travaille que sur papier, en superposant des papiers de différentes textures, gradations de blanc et de translucidité. Elle continue d’enlever, gratter, poncer, et de rajouter fusain ou peinture à l’huile sur l’image imprimée. En appliquant de la laque ou de l’huile du lin, elle obtient des parties plus transparentes ou brillantes que d’autres – pour prononcer ou cacher des détails de l’image « originale »,dont elle s'éloigne de plus en plus. Ainsi la photo initiale se transforme-elle tour à tour en dessin, en collage ou en peinture. 

L’artiste fait souvent des séries avec les mêmes motifs principaux, mais en leur superposant des couches différentes, et en les traitant de façon différente pour faire ressortir des éléments divers. La répétition du motif fait penser aux séquences d’un film – bien que Berit ne raconte pas d’histoire. Il s’agit plutôt d’instantanés mis côte à côte; bribes de rêve ou de souvenirs.

Cette répétition fait aussi appel à un regard attentif. Les images de la femme, par exemple, ne sont identiques qu’au premier coup d’œil. Puis on peut découvrir les différents fonds et différentes techniques de transformation de l’image imprimée, qui se fait presque détruire pour faire luire la lumière ou un motif caché à travers le papier. Berit, qui parle de ses œuvres comme de « Lichtbilder » (images de lumière) se retrouve finalement de nouveau à son point de départ, la photographie. cb                                                                                       

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Plus d'info dur l'artiste : www.myreboee.de 
et chez Lichtenberg Studios : lichtenberg-studios.de/2019/10/berit-myreboee

Un pdf de la brochure que Berit à réalisé avec les Lichtenberg Studios: