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Evgenija Wassilew (D)

Ondes parasites

DIEresidenz a le plaisir de présenter l’exposition Ondes parasites d’Evgenija Wassilew. L’artiste berlinoise a concentré ses recherches pendant un mois sur les particularités sonores de l’environnement diois. En explorant les phénomènes éco-acoustiques, ainsi que les monotypes sonores cartographiques, elle tente de saisir la nature de l'éphémère, le caractère insaisissable du son et la fragile frontière entre le réel et l'halluciné...

vue d'exposition 'Ondes parasites' d'Evgenija Wassilew
image credit: Evgenija Wassilew

Pendant son séjour à Die, Evgenija se promène dans la nature avec ses microphones, des petits haut-parleurs de résonance et une radio. Avec cet équipement simple, l’artiste crée, capte et enregistre des sons et des bruits parasites et des interférences en dialogue avec les sons de la nature. Elle joue et jongle avec les différents effets Larsen qu’elle empêche et détourne pour expérimenter avec une nouvelle sonorité. Ces performances à l’extérieur forment la base des compositions de l’installation sonore. 

Une boucle de bruits réguliers de basses fréquences donne le rythme de l'exposition - doux, calme, apaisant et pourtant sans monotonie. Ces modulations de fréquences interagissent en présence des visiteurs et visiteuses en temps réel. Cette composition minimale provient d'un ensemble de haut-parleurs, connecté à un ampli de guitare, éparpillé au centre de l'espace d'exposition. Quelque chose semble s'être passé ici, ou se passer encore?

Deux compositions de sons plus aigus attirent bientôt l'attention. La composition Nocturne, notamment, issue d’une performance nocturne où, enfin, les cigales laissent la place aux machines humaines, leurs interférences et celles des ondes électromagnétiques du voisinage. En superposant ou reflétant des hautes fréquences, de nouveaux sons fantômes apparaissent – accidents recherchés par Evgenija. Dans la création de ces sons fragiles, chaque mouvement du corps joue un rôle, comme elle le montre aussi dans ses performances, où une fenêtre, un mur ou même son thorax peut servir comme membrane de résonance du haut-parleur.  

En regardant des spectrogrammes de ses sons, Evgenija découvre que la saturation des très hautes fréquences et ses battements acoustiques forment des ornements étonnants. Elle décide de dessiner avec ces sons et elle explore les moyens de les rendre visibles à travers des monotypes – une technique qui mêle impression et dessin. Une approche avec un coté scientifique et d’une beauté sublime. cb

Plus d’info sur l’artiste : www.evgenija-wassilew.com