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Toporama - Marine Allibert & Mélina Hue (F)

La mère portante

Dans le cadre du projet à long terme Telles Mères, Toporama explore les différents rôles de la maternité et s'interroge sur la manière dont les images de la mère façonnent les expériences personnelles et collectives des femmes dans la société actuelle.

Outre les travaux de Toporama, l'exposition présente également des photographies issues d'une collaboration spontanée avec l’artiste berlinoise Michaela Zimmer et ses objets picturaux, PARTs.

Toporama, photographie de la série "La mère porteuse", 2025

Dans le chapitre berlinois de Telles Mères, le collectif nomade Toporama, qui travaille toujours in situ et de manière participative, explore le rôle de La Mère Portante dans différents ateliers. Le fœtus est porté dans le ventre, le bébé dans les bras, ainsi que le tout-petit, la poussette, le Maxi-Cosi, la draisienne, le vélo, les jouets, les courses...  

Les artistes Marine Allibert et Mélina Hue identifient, en dialogue avec les participantes, les parties du corps sur lesquelles des années de portage ont laissé des traces, et les visualisent à l'aide de formes individuelles en tissu. Alors que Toporama, dans le premier chapitre de Telles Mères – La mère attachante –, photographe les mères participantes à Rome mis en scène comme la « Vierges à l’enfant »(1), le duo montre à Berlin que les mères sont aussi des « femmes de douleurs »(2) qui portent leurs multiples « blessures » – tendinites, douleurs au dos, à la nuque, aux épaules, lésions du plancher pelvien, etc. – mais qui les montrent rarement en public.  

Les artistes de Toporama s'en chargent à leur place. Dans un acte d'appropriation activatrice, elles exposent les multiples souvenirs physiques dans l'espace public avec leurs combinaisons bleues, comme un assemblage supra-individuel et un hommage au travail d'une mère. Elles portent des masques voilés inspirés des autoportraits des femmes participant aux ateliers, qu'elles incorporent de cette façon, ainsi que des drapeaux sur lesquels les parties du corps marquées par le port sont laissées vides.  

Toporama souhaite immortaliser dans une grande bannière imprimée un brainstorming collectif sur la charge mentale, qui est également supportée en grande partie par les mères. Il s'agit d'un travail en cours auquel tous les visiteur.euse.s du vernissage peuvent participer en laissant leurs associations d'idées sous forme de notes.


Un grand merci à Michaela Zimmer, qui a spontanément initié une collaboration. Ses objets peints PARTs ont ainsi formé une symbiose avec les bleus de travail de Toporama et ont été activés par Marine Allibert et Mélina Hue aussi bien dans la salle d'exposition que dans l'appartement de DIEresidenz Berlin. Les images irréelles qui en ont résulté apparaissent comme des symboles de femmes qui sont à la fois artistes et mères et qui semblent déplacées dans un environnement domestique en tant que créatrices (3). cb



1) En référence à la mère Marie avec son enfant de l'iconographie chrétienne.

2) « L'Homme de douleurs » est une représentation du Christ entre sa mort et sa Résurrection, caractérisée par l’ostentation des blessures.

3) Et c'est vrai - aussi pour les artistes mères, il faut des "studio of one's own", mais plusieurs d'elles travaillent à la maison avec tous les contraintes qui viennent avec...